Opinion - Le temps est venu pour un débat ouvert et bien documenté du jeu en ligne

13 mai, 2025

Notre porte-parole, Ariane M. Gauthier, réagit à un article de Céline Fabriès publié dans Le Soleil, dans lequel le président de Loto-Québec tente de défendre le monopole de la société d’État en discréditant l’expérience ontarienne d’ouverture du marché aux plateformes privées de jeu en ligne. Lisez notre lettre d’opinion au lien suivant : Le temps est venu pour un débat ouvert et bien documenté le jeu en ligne

Le temps est venu pour un débat ouvert et bien documenter le jeu en ligne

POINT DE VUE / Cette lettre ouverte signée par Ariane M. Gauthier, porte-parole de la Coalition québécoise du jeu en ligne est en réaction à l’article Loto-Québec veut offrir des gains plus gros de Céline Fabriès paru le 7 mai.
Dans un article paru récemment en ces pages, le président de Loto-Québec s’est efforcé de défendre le monopole de la société d’État sur les casinos virtuels et le pari sportif.

Pour ce faire, il a tenté de discréditer l’expérience ontarienne d’ouverture du marché aux plateformes privées de jeu en ligne.

Cette province est la première au Canada à avoir mis en place un système de licences permettant aux opérateurs privés d’y opérer légalement, en respectant des règles claires et en versant une redevance à l’État, comme cela se fait dans la majorité des pays du G7. L’Alberta s’apprête d’ailleurs à lui emboîter le pas.


Si nous voulons considérer la pertinence de s’inspirer d’un tel modèle au Québec, il importe de bien comprendre comment celui-ci fonctionne et d’utiliser les bons chiffres, ce que Loto-Québec se garde bien de faire.

Ainsi, un argument maintes fois répété par Loto-Québec est que cette expérience rapporte peu d’argent au gouvernement ontarien, soit 260 millions sur des revenus de 2,4 milliards pour les entreprises privées, aux dires de Loto-Québec.

Or, la loi ontarienne est très claire: les entreprises doivent livrer 20 % de leurs revenus bruts de jeu à iGaming Ontario (iGO), la société d’État qui a pour mandat de superviser le jeu en ligne.

Selon le dernier rapport annuel d’iGO, pour la période se terminant le 31 mars 2024, c’est 438 millions qui ont été versés à l’État par les entreprises, sur des revenus de 2,2 milliards. Cette année, ce montant sera d’environ 630 millions.

Si on s’inspirait de l’approche ontarienne, l’État québécois toucherait au-delà de 300 millions, en plus des revenus générés par Loto-Québec. Dans l’état actuel des finances et des services publics au Québec, cette somme pourrait certainement servir.

Pendant ce temps, Loto-Québec estime capter environ 50 % du jeu en ligne (excluant les loteries), sans fournir d’étude indépendante à l’appui.

En Ontario, à titre de comparaison, la firme Ipsos confirme que c’est désormais 83,7 % des joueurs qui évoluent sur des plateformes réglementées.

Il n’y a pas de quoi se vanter de laisser la moitié des Québécois qui jouent en ligne sans aucun encadrement. Mais cela est le résultat inévitable d’une approche qui vise à imposer un monopole sur Internet, une tentative à sa face même vouée à l’échec.

Bref, la Coalition québécoise du jeu en ligne croit que le temps est venu d’avoir un débat ouvert et bien documenté sur la meilleure façon d’encadrer le jeu en ligne.

Mais pour ce faire, Loto-Québec doit mettre cartes sur table et dire la vérité, toute la vérité, à propos de ses résultats relatifs au jeu en ligne, comme le font les autres sociétés des loteries au Canada.